Cette revanche sur la cruauté de la vie s’est vue. Trop. Trop voyante, elle a été jugée pathétique et voyeuriste. Comme si le rôle s’attachait à montrer la triste déchéance de l’acteur, diminué et affaibli depuis un accident vasculaire cérébral dont il s’est difficilement remis.
Un homme et son chien fut un échec, un flop au box-office avec à peine un peu plus de 200 000 entrées, dans une longue carrière qui avait été riche de plus de 130 millions de spectateurs.
Personne n’a voulu voir le héros mis à mal. « Oui je suis handicapé, j’ai perdu l’usage d’un bras et d’une jambe, je bute sur les mots, mais la mémoire est intacte et la bonne humeur aussi », s’était défendu Bébel.
S’il faut faire son deuil du Belmondo des meilleures années, l’aventurier, le cascadeur, le séducteur, le gouailleur, on peut toujours rêver d’un grand rôle pour celui qui reste l’un des acteurs préférés des Français, une légende vivante.
Les Bandits manchotsA 80 ans, c’est avec son ami Claude Lelouch, celui avec lequel il avait glané le César du meilleur acteur pour Itinéraire d’un enfant gâté (1988), qu’il pourrait revenir, pour de bon, au cinéma. Ce serait leur quatrième film -il y eût aussi Un homme qui me plaît (1969) et Les Misérables (1995). Belmondo interpréterait un prisonnier se blessant grièvement en tentant de s’échapper d’un pénitencier. Le film s’appellerait Les Bandits manchots Le projet existe, le tournage attend, Lelouch entre-temps a fait tourner une autre légende vivante, Johnny Hallyday, héros de Salaud, on t’aime !
Le rêve d’un nouveau Belmondo magnifique est possible : le cinéma ne l’a pas abandonné, encore moins oublié. Il y a deux ans, au festival de Cannes, en 2011, le cinéma en avait témoigné, lui remettant une Palme d’honneur, salué par une ovation debout.
Bébel était là, avec ses vieux amis du conservatoire, Rochefort, Marielle, Vernier, et avec ses bons amis, Charles Gérard, Guy Bedos, Claude Lelouch. Il était arrivé d’un pas chancelant, s’appuyant sur une canne, mais souriant comme jamais, bronzé comme toujours, éclatant dans son smoking de gala.
Il avait confié d’une voix mal assurée : « Je continue à briller, quand même.
http://www.leprogres.fr/france-monde/2013/04/08/la-longue-vie-de-cinema-de-belmondo-bebel-toujours-magnifique
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